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mercredi 25 avril 2007

la femme ouzbek ou au Pays des Scythes

En descendant un peu plus bas, je regarde une femme ouzbek, ce qu’elle tient au creux de ses mains, la brume empêche, ce n’est rien, tu veux, je crois, elle est réelle, bien réelle aucune raison de lui cacher maintenant, je touche son sourire, ou autre chose, sans qu’elle s’en rende compte, il pleut, une eau s’infiltre et persiste à embuer la vitre, à l’intérieur, dehors, il fait froid, ça veut rien dire, cette brume, ce que je te dis buée, je ne sais plus, demande à la femme ouzbek, ce qu’elle tient dans le creux de ses mains et qu’elle frotte au creux de sa robe, un couteau, dans la prairie, continue, les aboiements, les chiens et toutes ces congrégations moustiques et moucherons du soir, autour des pelures, les patates, la buée s’approche, et peut-être redevient ce qu’elle était hier en fin de journée, c’est à dire rien pas grand chose plus rien ce soir à la télé, la vieille femme sourit, il n’y a jamais rien eu à la télé, pourquoi je passerais du temps en elle, à l’étroit, c’est tout petit, cette pièce que les mots, la fumée des cigarettes étouffe, certains parlent et continuent d’habiter ce qu’ils peuvent, on leur laisse quartier libre, ils s’amusent tant qu’ils peuvent sur le petit écran et on boit, c’est comme ça, il reste une bouteille à la cave, tu vas chercher ? dans le froid, mieux que la buée, un coup de fouet, la griffe du vent qui s’en prend aux parties découvertes, irradie les joues, le nez puis les yeux, et cet organe central qu’on oublie jamais, comment déjà, ce qu’il faut pour être en monde, rester en vie, quoi. Parfois je lui demande, ce qu’il faut pour rester, ou s’y croire, occupé un semblant d’espace et se faire un chemin, elle ne sait plus elle même où elle est, me répond : bon travail, les amis, l’amour, tu déconnes ? c’est pour les caves, les impuissants, les patriarches du retrait, ils savent même plus baiser, j’aime bien toucher les seins des femmes, ce n’est pas le moment, les vitres embuées, c’est déjà ça, quand au loin remontent les souvenirs, elle rougit, et puis me ressert, tu penses, quand au loin les fleurs et les martyrs, l’alcool de toute façon aura toujours été le dernier des arguments, non que je sois timide, mais la femme ouzbek, ce qu’elle tient dans le creux de ses mains, dernier des mohicans, il serait absurde d’en parler la guerre est n’est plus ce q’elle était simple, médiatique et floue, une fois rentré à la maison bien plus tard, moi aussi je regarde mes mains, la femme ouzbek s’est mise à chanter sur une estrade et à cabrioler, avant arrière, milieu, déboule, ce sont les termes du contrat, trois plumes, un anaconda en peluche, quelques mitraillettes dans la salle, et elle tombe du fil suspendu, derrière dans la plaine moucherons, moustiques vibrionnent au-dessus des pelures et des cravates, je me demande combien de temps, ce même homme qui m’avait posé la question un bonnet sale rouge à maille énormes sur la tête, combien de temps, et avant même réponse s’était enfui, lâché comme une bombe de paranoïa et de mystère sur la station Oberkampf, combien de temps ? que la femme ouzbek soupire un instant, à raison d’un salto par show, les dentelles de transylvannies sont une vraie merveille de géopolitique, on y démembre des pays, des peuples et des cimetières, c’est fatigant, je vous demande pardon ? tu te crois où cloporte ? Va voir l’autruche, si t’es d’attaque